1ÈRE ÉDITION DU COLLOQUE INTERNATIONAL DEA 2019

DESIGN D’ESPACE/ALLESTIMENTO/EXHIBITIONDESIGN

MÉTHODES, ENJEUX, GLISSEMENTS CONCEPTUEL

APPEL À COMMUNICATION

13-14-15 JUIN 2019

UNIVERSITÉ PARIS 8, ENSA Paris-Malaquais

En 1937, Herbert Bayer définissait le design d’espace comme un langage visuel complexe, structuré autour de la dialectique entre des éléments hétérogènes (Fundamentals of Exhibition Design, 1937) et, plus en général, autour du traitement de l’espace et de sa narration. En 1982, avec l’essai « Allestimenti/Exhibit Design », et successivement en 1988, avec l’ouvrage Mostrare. Allestimento in Italia dagli anni Venti agli anni Ottanta, Sergio Polano suggérait ensuite une définition claire de la pratique du design d’espace.

Tout en visant à articuler une histoire des allestimenti expographiques en rapport à leur conception et production, le théoricien italien considère alors le terme comme « l’art d’architecturer des intérieurs afin d’accueillir des objets recueillis temporairement dans un tout qui devrait être l’exposition » (Polano, 1988). Dans la même période, à Paris, le Cabinet d’Arts Graphiques du Centre Pompidou insistait, à son tour, sur le potentiel créatif du design d’espace et sur son rôle à l’intérieur du processus de constitution d’une œuvre, en organisant notamment une exposition sur le thème de L’œuvre et son accrochage (1986).

Au fil des années, la problématique du design d’espace a été interprétée à l’intérieur d’articulations théoriques souvent controversées qui ont étudié la pratique du design d’espace tantôt comme un résultat, à savoir comme le produit d’une construction et d’une conception, tantôt comme un véritable processus créatif. L’état de la recherche actuel montre un changement de focalisation en rapport à cette approche traditionnelle ; le design d’espace n’est plus seulement sondé dans ses déclinations essentielles, c’est-à-dire comme paradigme d’exposition, mais il est également articulé en rapport à l’environnement construit, à l’espace urbain, à l’architecture exposée, aux installations et aux arts visuels, au curating contemporain, et à l’idée d’habitat comme expression des lieux de la vie collective. C’est ainsi qu’une nouvelle image de l’écriture d’espace semble apparaître, entendue comme une forme d’expérimentation esthétique, un processus intellectif qui réunit diverses formules de monstration à l’intérieur de processus d’interrelation spectatorielle.

Aujourd’hui, à un moment où le design d’espace est appelé à répondre à la complexité des multiples réalités sociales, il nous paraît ainsi urgent de revenir à l’interrogation du potentiel heuristique d’une telle discipline. À l’égard de lectures interdisciplinaires, qui insistent sur la transversalité des langages hétérogènes, et sur l’exploration de nouvelles définitions spatiales, nous visons ainsi une mise en perspective, historique et contemporaine, de divers cas d’études, capable de mobiliser une relecture critique des modalités de mise en espace contemporaines. 

De la conception à la réalisation, en passant par l’expérience, il s’agit alors de sonder la « culture » du projet en tant que tel, et d’interroger également les discours, les rôles et les synergies qui ont permis et permettent, aujourd’hui, à l’allestimento-expographique et événementiel de devenir arbitrairement un procédé de représentation visuelle, le produit d’un geste architectural, un processus créatif à part entière et enfin un outil électif pour la communication et l’immersion de l’individu. 

Le présent colloque s’intéresse ainsi à ces problématiques, et il est particulièrement sensible aux recherches rentrantes dans l’un des axes d’études suivants :

Architectures éphémères et espaces urbains 

« Les allestimenti s’offrent comme des moments d’expérimentation et de mise au point du langage architectural, des matériaux et des technologies.Ces sont des exercices de composition oùs’accomplit la vocation de l’architecte au projet global.» (Falguières, 2014)

Dans cette première session, le langage architectural est étudié en relation aux composants expographiques de l’allestimento, et à la dialectique entre les structures installées et l’espace d’exposition. De l’intégration à l’invention, en passant par la superposition ou la juxtaposition de formules permanentes ou temporaires, cet axe veut interroger la complexité (contemporaine ou historique) du traitement de l’espace, orientée vers « […] l’exploration de nouvelles définitions spatiales qui permettent à l’architecture d’exposition de se faire un outil électif de communication » (Migliore, Servetto, 2000). En sondant les solutions urbaines, expérimentales ou éphémères, ce contexte d’études considère le design d’espace plus comme un « produit technique » que comme un processus créatif, et insiste alors sur l’articulation architectonique d’une production dialectique, à partir de l’étude d’un projet (expérimentations de nouveaux supports, display, formules, structures). 

Espace, expérience, esthétique

« […] An aesthetic experience of an artwork involves contemplation, valued for its own sake, of the artwork. That is, aesthetic experiences are self-rewarding. » (Carroll, 2001)

La pratique de l’organisation spatiale, en tant que discipline de l’exposition, est directement connectée à l’idée d’espace « de l’intérieur », à savoir un espace qui, tel que le suggère Giulio Carlo Argan, représente « une dimension et un environnement du vivre et de l’agir humain » (Argan, 1956). Dans ce contexte, l’idée de « dramaturgie de l’espace » (Vesco, 2010), en insistant sur l’impulsion scénographique à la théâtralisation de l’espace, a ensuitefait de la conception de l’espacele résultat d’un processus créatif. À l’intérieur d’une articulation qui ne distingue plus entre design, objet, architecture et exhibit, le lieu d’une immersion corporelle et intellectuelle apparaît ainsi. Cette session s’intéresse à la relation entre espace organisé et expérience spectatorielle, et notamment aux cas d’études qui, entendus comme de véritables lieux potentiels d’action, élargissent la réflexion à l’expérience esthétique et phénoménologique du design d’espace. 

Espace numérique 

« L’allestimento è qualcosa che non è più pensabile come solo architettura, ma piuttosto una invenzione, una enorme macchina giocattolo, un oggetto in mutazione[…]. Una fenomenologia dello spettacolo, dall’antico imbonimento fieristico fino alle più moderne tecniche di persuasione. » (Eco, 1983)

Cette dernière ligne de recherche pose la question de la relation entre l’écriture de l’espace et les technologies numériques. Dans un monde où l’interaction humaine est médiatisée par des appareils électroniques et connectés, les solutions numériques capables d’impliquer activement l’attention du public sont nombreuses et se développent rapidement à l’échelle mondiale (jeux de pose-matching, vidéos interactives panoramiques, conversion 3D, visualisation numérique de données, hologrammes, plateformes de réalité virtuelle et augmentée). En revanche, alors que la technologie offre de possibilités infinies d’interactivité, l’étude analytique des méthodes de création et de développement des contenus numériques est loin d’être achevée. Cette session aborde ainsi les formes numériques du design d’espace, intégrées à l’intérieur d’un parcours d’exposition. En particulier, il s’intéresse à la relation avec : la réception du public (sa position et son interaction), la qualité des espaces (musées, galeries, espaces urbains, foires, salons, etc.), le temps d’utilisation des appareils, et leur intégration sociale.

Ce colloque se veut l’occasion d’une rencontre entre professionnels, professeurs et chercheurs issus de divers champs disciplinaires (études architecturales, muséales, scénographie, histoire de l’art, design, médiation culturelle, sciences humaines et sociales, etc.). 

Convegno2019_Allestimento_ITA

Colloque2019_Allestimento_FR

International_Symposium_Exhibition_Design_EN

 

 

 

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